Objets d'étude et autres réveries
Lorsque Michel Côté m’a proposé une exposition dans l’escalier d’honneur ,
j’ai tout de suite eu le désir de voir et de montrer l’envers du musée : les
réserves, lieux inaccessibles au visiteur, lieux à rêver, où l’on imagine des
objets accumulés, archivés, oubliés peut-être ; quelque chose qui tiendrait à la
fois du grenier et d’un encyclopédie par l’ objet .
Les réserves du musée Guimet ne m’ont pas déçues, et les conservateurs qui se
penchent sur les trésors non encore répertoriés, ont très vite compris ce que
je cherchais :une représentation de l’âme du collectionneur, et de l’esprit d’un
musée qui désirait allier sciences naturelles et ethnologie pour montrer la richesse
et la diversité du monde.
Lorsque j’ai su que l’accrochage se ferait pour l’inauguration d’une exposition
sur la lune, j’ai
pensé en dialogue, parler de la terre. De la terre, et des rêveries du repos...
pensais-je en souvenir du livre de Bachelard. De la terre et de la mort... C’est
ainsi que j’ai décidé de ne montrer que ce qui avait vécu, et dont on avait pour
l’étude gardé précieusement la dépouille.
Aaraignées papillons et coccinelles, ossements d'ours et de bovidés, squelettes
d’oiseaux,
d’humains, de singes, peaux de reptiles, crânes de suppliciés, momies
de
poissons,
d’ibis
de chats, étoiles de mer, coquillages, Oiseaux « en
peau » poissons,Tatous naturalisés, âne, porc épic, canards empaillés,
vipères
en
bocaux
... etc
Jacqueline Salmon 2000