DONATEURS

Nous avons eu avec Françoise Jourda, l ‘architecte, un entretien à la suite duquel nous pouvons énoncer d’une manière simple le projet sur lequel je me propose de commencer une étude :
Introduire de l’humain dans cette architecture.
Nous sommes convenues d’une série de portraits.
Je voudrais que ces portraits renouent avec la tradition des « donateurs » dans la peinture du Moyen Age.
A cette époque, la tradition voulait que lorsque l’on construisait un Bâtiment d’importance, on commande à un peintre un tableau , et sur celui - ci, le peintre représentait les donateurs qui étaient alors des notables.
Aujourd’hui, c’est la société, toutes couches sociales confondues, qui à travers la pratique de la démocratie, ses institutions, et ses représentants, se trouve être le commanditaire d’un ouvrage d’architecture emblématique, tel un Palais de Justice.
Le Palais de Justice est par essence, le lieu où tous les hommes sont égaux. C' est un lieu qui ne concerne pas uniquement « les autres ». Il « Nous » concerne. « Nous » c’est à dire ceux qui participent avec générosité au projet « Liberté, Egalité, Fraternité ». Hommes et femmes de tous les âges, avec leurs professions variées, leurs styles, leurs origines diverses, et leurs particularités culturelles.
« Nous » c’est l’image digne d’une société qui se regarde telle qu’elle est.
J.Salmon 20 Avril 1996

Les fonds représentent l’histoire de la construction du bâtiment. Des photographies des bois de Melun au fil de l’avancement des travaux montrent le passage des saisons. On sait ainsi que le chantier commencé un automne, aura duré jusqu'à l’hiver de l’année suivante. Une centaine de portraits sont incrustés par ordinateur, dans les fonds numérisés. Ensuite il y a un travail de dessaturation des couleurs, et de remise en lumière pour obtenir des tons et une atmosphère rappelant la peinture de Piero della Francesca. L’architecte, le maître d’œuvre, le chef de chantier , moi-même et ma famille sont représentés sans être nommés.

J.Salmon 16 Juin 1998.

 

 

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